Exclusif - Mohamed Naghmouchi : « C’est grâce au foot que je me suis forgé un mental »
- legatinaissports
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Même affaibli, Mohamed Naghmouchi a accepté de répondre aux questions du Gâtinais Sports. Dans cet entretien, ce résident dans l’agglomération montargoise revient sur sa carrière de footballeur. L’homme de 47 ans parle de sa passion, de ses plus beaux souvenirs, de la maladie et de ses état d’esprit. Exclusivité.
Entretien réalisé par : Lyes Baloul.
Atteint de la maladie de Charcot depuis 2022, Mohamed Naghmouchi fait pourtant preuve d'une inébranlable force mentale. Cet ancien sportif local se bat au quotidien pour résister aux conséquences de cette pathologie neurodégénérative. Le Gâtinais Sport s'est rendu chez lui. Extrait.
Quel est votre parcours footballistique ?
Le foot, c’est l’école de ma vie ! J’ai passé tellement d’années sur les terrains, à user mes crampons et à vivre pour le ballon rond. J'ai longtemps joué à l’USM Montargis et au J3 Amilly. J’ai également joué une année au club de Bellegarde/Ladon. Mais ce qui définit mon parcours, ce ne sont pas les scores. C'est plutôt l'adrénaline et surtout cette fraternité qu'on ne trouve que dans les vestiaires. J’ai toujours joué avec le cœur, avec cette envie de me dépasser. C’est là que j'ai forgé le mental que j'ai aujourd'hui.
Vous avez pratiqué le basket, quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
Le basket, c'était super sympa ! Ce que je retiens, c'est vraiment l'esprit d'équipe. Peu importe le ballon, tant qu'on est ensemble et qu'on se donne à fond, moi ça me va. J'en garde de très bons souvenirs, avec de franche camaraderie.
Un élan de solidarité s’est formé autour de vous. Cela vous procure un peu de réconfort, n’est-ce pas ?
Ah ça, c’est incroyable ! Je ne m’y attendais pas à ce point-là. Voir tout ce monde se mobiliser, qu’ils ne soient pas insensibles , ça me touche énormément. Je ne suis pas seul dans mon match, et ça, c'est ma plus belle force.
« Au début, tu te dis que c'est la fatigue, mais quand tu vois que tu n'as plus la même fluidité, tu comprends que quelque chose ne va pas. Ça fait bizarre pour un sportif, mais j'ai gardé le moral ». Mohamed Naghmouchi.
Quel meilleur souvenir gardez-vous de votre parcours de footballeur ?
Dur d'en choisir un seul ! Mais je dirais les moments dans les vestiaires après une belle victoire. Ces délires avec les potes, cette joie partagée... C'est ça le vrai foot pour moi. Ce n'est pas juste le terrain, c’est aussi l’amitié qu’il y a autour.
À quel moment vous-êtes vous senti affaibli en raison de l’apparition des premiers symptômes de la maladie ?
En tant que sportif, on connaît son corps par cœur. C'est mon corps qui a commencé à me lâcher petit à petit. Moi qui suis toujours en mouvement. Au début, tu te dis que c'est la fatigue, mais quand tu vois que tu n'as plus la même fluidité, tu comprends que quelque chose ne va pas. Ça fait bizarre pour un sportif, mais j'ai gardé le moral.
« Le sport reste ma passion, et voir les autres se donner à fond, ça m’encourage pour mon propre combat. Je reste un mordu de foot avant tout ». Mohamed Naghmouchi.
Vous avez assisté à plusieurs événements sportifs ces derniers mois. Qu’en est-il de votre sentiment ?
C’était génial ! Même si je ne suis pas sur le terrain, d’être là, de voir le jeu, d’entendre les supporters, ça me fait un bien fou. Ça me redonne de l’énergie. Le sport reste ma passion, et voir les autres se donner à fond, ça m’encourage pour mon propre combat. Je reste un mordu de foot avant tout.
« Profitez de la vie et de vos proches. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour vous dire que vous vous aimez... ». Mohamed Naghmouchi.
La date du 25 mars 2026 est importante pour vous. N’est-ce pas ?
Pour moi, c’est bien plus qu’un événement, c’est l’occasion de réunir tout le monde. D’être tous ensemble, soudés pour une même cause. C’est un moment pour fédérer, pour se retrouver et montrer que l’union fait notre force. C’est ce genre de moment qui donne tout son sens au combat.
Quel est votre message au public ?
Mon message est simple : profitez de la vie et de vos proches. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour vous dire que vous vous aimez ou pour passer du temps ensemble. La vie est courte, alors vivez-la à fond, avec le sourire. Restez solidaires, soyez là les uns pour les autres.




