Football - Le FC Mandorais alerte sur les parents ingérables au bord des terrains
- Lyes Baloul
- 5 janv. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 janv. 2024

Certains parents, pensant que leur enfant est potentiellement le prochain Kylian Mbappé, commencent à inquiéter les dirigeants de clubs. Et ce, à cause de leurs comportements qui suscitent parfois l'indignation auprès des éducateurs, entraîneurs et présidents. Le FC Mandorais, structure qui totalise plus de 200 licenciés, prend ce phénomène au grand sérieux et alerte contre certaines conduites qui ne font que desservir la passion footballistique d'un enfant.
Le discours est clair et net. " C'est le rêve des enfants, pas le nôtre", tonne Taner Kara, dirigeant au club de football de Villemandeur, structure qui organisera les 13 et 14 janvier une action pour lutter contre des comportements peu académiques de certains parents au bord des terrains de football. " Nous voulons tirer la sonnette d'alarme pour dénoncer certaines attitudes agressives de parents qui veulent coûte que coûte faire de leur enfant le futur crack du football mondial", explique Taner Kara, père de deux jeunes footballeurs. " Les enfants doivent s'amuser sur le terrain. C'est primordial. Il faut les laisser grandir à leur rythme", dit-il.
" Il y a un coach, il faut le laisser travailler sereinement "
Christophe, un éducateur gâtinais, en est convaincu. " Je suis tombé sur le père d'un jeune joueur qui m'a dit : mon fils, c'est moi qui gère sa carrière. De quelle carrière parle-t-il ? Le môme n'a que 10 ans ". L'entraîneur en question a même eu quelques mésaventures avec certains parents. " Le père et la mère d'un enfant (U11) m'ont traité de tous les noms. J'ai failli craquer. Je suis au club (il préfère taire le nom) depuis plusieurs années. Oui, depuis quelques temps, je ressens des tensions, des pressions venant de certains parents qui se montrent parfois incontrôlables ". Pour Taner Kara, la situation devient sérieusement préoccupante. " Quand un père s'acharne sur son enfant sur le terrain en lui imposant ses choix, il doit savoir une chose : il y a un coach, il faut le laisser travailler sereinement ". Le responsable de l'école de foot du FC Mandorais ajoute : " Si les parents pensent que les éducateurs font mal leur boulot, ils n'ont qu'à venir prendre une licence et prendre la responsabilité technique d'une équipe...". Et de renchérir : " Un père qui crie après son fils en lui demandant d'aller à droite, à gauche, de tirer, d'agresser son adversaire... On dirait une partie de Playstation ".
" Utiliser son enfant pour gagner de l'argent, c 'est malheureux ! "
Nabil, jeune entraîneur local, a constaté des dérapages à répétition. " Certains parents considèrent que leur enfant est potentiellement une source de richesse. Utiliser son enfant pour gagner de l'argent, c'est vraiment malheureux ", regrette ce papa d'un jeune footballeur (U7). " Quand un père lance à son fils : tue-le ! Lui, dans sa tête, il veut dire : dribble-le. Sauf que ce langage est dangereux. Un vocabulaire qui provoque de la violence et une ambiance peu saine sur les terrains ".
" On a subi trois feuilletons..."
" Le football amateur a subi trois feuilletons. Celui de la victoire de l'équipe de France au Mondial 98. Les gens pensaient que le football, c'était tout ! On a ensuite eu l'épopée Ben Arfa. Puis, là, on a le phénomène Mbappé. Personnellement, j'ai joué avec des chaussures à 20 euros. Aujourd'hui, mon propre fils achète ses chaussures de foot à presque 200 balles. Parce que l'on suit la tendance, parce que c'est la mode, parce que l'on a vu à la télé ", confie Taner Kara.
" On vend du rêve aux gamins "
Alain, père d'un jeune footballeur, le regrette encore aujourd'hui. " J'accompagnais tout le temps mon fils sur un terrain de football. J'étais presque son deuxième entraîneur. Il a ensuite été pris dans un centre de formation. Puis, il s'est avéré qu'il n'avait pas le niveau pour évoluer plus haut. Je l'ai mal pris. J'ai été peu clément avec le directeur du centre. Quelle bêtise de ma part. Mon fils a arrêté le foot. Mais mon mauvais comportement, ce jour-là, est toujours dans ma tête...", glisse l'homme de 48 ans. " On vend du rêve aux gamins ", peste Taner Kara. Et de conclure : " Autrefois, les familles investissaient sur le projet scolaire de leurs enfants. Ils favorisaient la réussite et l'ascension pour l'obtention d'un diplôme. Et certains jeunes devenaient joueurs professionnels par passion. Aujourd'hui, le football est devenu un métier. Quitte à frapper ou menacer un éducateur, l'essentiel est que l'enfant réussisse. Le foot doit être un jeu pour nos enfants. Mais malheureusement, certains parents oublient ce principe quand ils deviennent adultes ". Très certainement.
Pratique. Tournoi les 13 et 14 janvier au gymnase des Pèlerins, à Villemandeur (21 rue des Pèlerins). Action contre les dérives parentales au bord des terrains.
Programme : samedi 13 janvier (9 heures - 17h30), tournoi U10/U11 avec lecture de la charte en direction des parents par un jeune joueur. Dimanche 14 janvier (9 heures - 17h30, tournoi U12/U13.



