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Rugby : le Montargois Kévin Boutron, trois boucliers, des émotions et fin de carrière de joueur

  • legatinaissports
  • 7 mai
  • 3 min de lecture

Kévin Boutron a soulevé le bouclier de R2, dimanche dernier, à Vierzon. Photo : USMM rugby.
Kévin Boutron a soulevé le bouclier de R2, dimanche dernier, à Vierzon. Photo : USMM rugby.

Kévin Boutron a remporté le bouclier en Régionale 2, dimanche 3 mai, à Vierzon, lorsque l'USM Montargis dominait Dammarie (26-22). L'homme de 36 ans a pris une décision définitive. « J'arrête ma carrière de joueur », annonce ce père de deux filles, vainqueur à trois reprises du bouclier régional, sous les couleurs du club montargois. Retour sur une carrière pleine d'émotions.

Par Lyes Baloul



Cette fois-ci, c'est bien fini. « KB », comme le surnomme son entourage, a dit « stop ! ». Un arrêt définitif. « Il faut savoir s'arrêter là où il faut, quand il faut ». Enveloppé par ses coéquipiers, sourires et émotions sur les visages, Kévin Boutron a répété vingt-cinq fois la même phrase. « Merci, les gars ! ». 3 mai 2026. Nous sommes à Vierzon, dans le Cher. Au pied d'une tribune du stade Robert Barran, pleine à craquer. Boutron fête le bouclier. Et fait ses adieux aux siens. « Voilà pourquoi j'aime ce club. Les sensations. L'amitié. La complicité... L'amour pour le maillot », chuchote le rugbyman. « Je ne peux pas oublier toutes ces années passées au club. J'ai vécu des moments incroyables, avec des souvenirs ineffaçables. Ça forge une personne. Ça fait grandir un homme ». Ça y est, la première larme est visible. « L'émotion de toute une vie. Quand on fait partie d'un club depuis plusieurs années, ça devient systématiquement une deuxième famille. Ta vie d'homme est forcément liée à la structure. Tu es bien quand le club va bien. Tu es mal quand le club va mal ».


« Ma tête veut que je continue, mon corps n'en peut plus »

Entre Kévin Boutron et le rugby, le conte de fée aura duré une vingtaine d'années. « J'ai commencé à jouer au rugby quand j'avais 10 ans. Mon père a joué à Montargis et à Cepoy. C'est lui qui m'a transmis le virus et les valeurs de ce sport », sourit-il. Le jeune Kévin a grandi. Sa passion pour le ballon ovale, aussi. « On a appris le respect envers les arbitres, l'adversaire. C'est fondamental. Le rugby, c'est une école. Une source d'apprentissage », assure-t-il. Premier bouclier en 2012. « Le sacre a été remporté par l'équipe première et la réserve ». S'ensuivra une nouvelle consécration en 2022. « Des images indescriptibles restent dans ma tête ». Puis, un nouveau titre en 2026. « Celui-ci est particulier. Il tombe avec ma décision d'arrêter de jouer. Mais je l'ai bien savouré », appuie Kévin Boutron. Lequel rend hommage à sa compagne, Coralie. « Elle me supporte depuis ce temps-là. Avec mes absences en raison d'entraînements, de matchs. Elle est infirmière libérale, donc appelée à travailler le week-end. Il y a aussi mes filles. Je ne les vois pas beaucoup. Elles me réclament. On fait souvent appel aux grands-parents pour la garde de nos enfants. Je les remercie, au passage... ». Lors de la demi-finale de R2 opposant Montargis à Esvres, le 26 avril dernier, le 2e ligne des jaune et bleu s'était senti « usé ». Les premiers signes d'épuisement. « Mon corps n'en peut plus. J'ai contracté pas mal de blessures dans ma carrière. Même mon médecin ne voulait plus me signer la licence. Ça impacte ma vie familiale et professionnelle. Je suis à mon compte (plombier). Il faut que je bosse ».


« Je reste au club pour un autre rôle »

Fini la carrière de joueur pour Kévin Boutron. Mais il ne quitte pas l'USM Montargis, pour autant. « Je reste au club pour poursuivre ma mission dans la commission du sponsoring », éclaire-t-il. Son attachement aux couleurs du club gâtinais semble éternel. « Je vais peut-être jouer quelques matchs avec l'équipe loisir. C'est tout. Le reste, je serai disponible, quand c'est possible, pour donner un coup de main dans diverses tâches ». Une fidélité immortelle.







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